L’Afrique de l’Ouest comme espace migratoire

Il faut, avant tout, souligner les limites inhérentes à toute tentative de cartographier les mouvements migratoires ouest-africains et de mettre de l’ordre dans le désordre. D’une part, les statistiques officielles sont rarement fiables, en l’absence de procédures d’enregistrement et de recensement, systématiques, harmonisées et comparables mais aussi en l’absence d’une définition univoque du migrant.

Les chiffres se contredisent souvent, et ne tiennent, en général, pas compte des mouvements migratoires « irréguliers », c’est-à-dire non enregistrés et recensés aux frontières, alors qu’ils sont majoritaires. D’autre part, les distinctions opérées, dans le cadre de cette étude, entre mouvements « intrarégionaux » et mouvements « extrarégionaux », de même que les classifications juridiques distinguant les « réfugiés » des migrants, et les mobilités « légales » des mouvements « illégaux », sont à prendre avec précaution. La réalité est autrement plus dynamique. En pratique, les individus passent sans cesse d’une catégorie analytique ou juridique à une autre. Les migrations sont extrêmement volatiles et partent dans de multiples directions, les personnes pouvant changer de destinations au cours de leur parcours au gré des contraintes ou des opportunités. Enfin, il faut être tout aussi circonspect envers les différentes périodes migratoires proposées ici par souci de clarté : les dynamiques migratoires s’inscrivent en réalité dans un « continuum » de ruptures et de continuités.

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